MC et MM aiment les défis

19 04 2009

En continuelle quête de dépassement, MC et moi-même nous sommes lancées dans un jeu des plus fous: Les défis de MM et MC.

Le principe est simple: écrire en 30 minutes un texte comprenant un nom de personne, un lieu et quelques mots ciblés au hasard.
Pour ce premier essai, voilà notre liste:
-blanchir, incomparable, brouillard, influenza
-Alan B McElroy
-Le Compté de Muskegon.

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L’inspecteur Mac Floyd n’avait pas l’habitude d’accepter les missions spéciales offertes par le commissaire Anderson. Le sourire en coin qui déchirait son visage rigide n’était jamais de bon augure pour le pauvre type qui écoperait de la nouvelle enquête. Après l’affaire de l’épidémie d’influenza à Farvell City qui lui coûta un imperméable, son lobe d’oreille gauche et la femme de sa vie, Melinda, Floyd était loin d’être dupé par le ton mielleux de son supérieur.

Anderson, à défaut d’en venir aux poings, sut tout de même se montrer convaincant lorsqu’il déposa une épaisse liasse de billets dans la paume rugueuse de Floyd. Sans même hausser les sourcils, l’inspecteur fourra son dû au fond de son couvre-chef avant de quitter le commissariat pour le compté de Muskegon. Mieux valait pour Floyd éviter d’agacer son patron, lui qui avait encore tant de fonds à détourer et d’argent à blanchir.

Malgré l’urgence de la situation, l’inspecteur Floyd eut la délicatesse et l’élégance de passer faire ses adieux à l’autre femme de sa vie, Bobbie. Après de sulfureux ébats et d’incomparables caresses dont seule la tenancière en était capable, il prit le train de 23h23 à destination de Muskegon.

Le train fendait le brouillard épais à toute allure. Pour Floyd, ce n’était ni le destin, ni le hasard qui le menait à Muskegon, mais bien le cadavre d’ Alan B. McElroy, retrouvé quelques heures plus tôt empalé sur l’antenne de la station de radio locale.

Mac Floyd l’ignorait encore, mais le train de 23h23 ne le mènerait pas simplement à Muskegon, petite localité du Michigan damné de 40 105 âmes éconduites. Des démons de son passé l’y attendent ainsi que le souvenir d’un amour perdu.





à l’étroit

16 04 2009

J’ai serré les dents, les points. Les oreilles aussi si j’avais pu. Mais je ne pouvais pas. Des oreilles, ça ne se ferme pas.

Mes orteils dans mes runnings blancs se sont serrés entre elles pour se retrouver sous mes pieds. Un peu comme se recroqueviller, tu sais, à la manière d’un animal blessé.

J’ai pincé les lèvres et serré la mâchoire pour me punir. Ton dernier baiser me brûlait encore la bouche pendant que je ne trouvais pas les mots pour te retenir.

Quand j’étais sure que tu me voyais plus, j’ai serré les paupières parce que dans mes yeux ils annonçaient 94 % de chance de précipitations avec visibilité réduite.

Ma gorge s’est resserrée sur un sanglot. Mais pas à temps. Il est tombé à mes pieds. La bile aussi est remontée, mais, ça, je l’ai ravalé parce que ça faisait moins propre sur le plancher.

Ma poitrine était serrée. Mes poumons poignés dans un pain, mais l’estomac définitivement pas dans les talons. Je respirais plus, mais je vivais encore. Le sang circulait, mais le cerveau était mort.

Mon cœur lui, il n’était pas serré.

Juste bien écrasé.