Honte à moi

3 06 2008

Aujourd’hui, j’ai encore eu l’occasion d’en mettre plein la vue au travail. Me contentant habituellement de servir quelques répliques cinglantes du fond de mon bureau ou de me renverser du café dessus en toute plaisanterie pour égayer le quotidien de mes comparses bureaucrates, j’ai décidé de repousser les limites de l’audace.

Après avoir quitté mon bureau pour 15 minutes, le temps de m’obstiner avec ma superviseur sur une fonction de Photoshop, je remarquai que ma boîte vocale débordait de message (deux…mes deux seuls appels de la journée). En faisant une écoute active de mes messages, c’est-à-dire avec un stylo à la main et à l’affût de la prise de note, j’appris avec grand émoi que mon coordonnateur de stage me paierait une visite de routine la semaine prochaine. Un simple coup de fils pour confirmer l’heure et la date et l’affaire était dans le sac.

Comme j’étais naïve.

Je m’afférai à bel et bien confirmer la date avec ma superviseure qui devra assister à l’entretien et retroussai mes manches afin de me préparer mentalement à l’appel. N’étant pas très fanatique des conversations téléphoniques comme mentionné précédemment, il s’agit d’une étape à ne pas prendre à la légère. Une fois le 1+code régional+numéro de téléphone+service en français+fonction numéro de poste+non, je ne désire pas souscrire à une assurance vie+numéro de poste, une boursouflure géante trônait sur le bout de mon index droit et je due compter sur mon index gauche pour finir cette composition maudite.

Tel une Indiana Jones, j’avais franchi toutes les épreuves avant de tomber, inévitablement, sur la boîte vocale de mon interlocuteur (absent pour le moment, mais laissez un message!). Je commencai donc à débiter d’une voix peu assurée, mais d’un débit contrôlé le speech que je cogitais dans mon esprit depuis 4 minutes.

« Bonjour Mr X, c’est M-M. Je retourne votre appel. Il n’y aura pas de problème pour la semaine prochaine, mais j’aurais quelques questions à propos de…»

Et là! Là là!

Ma superviseure est entrée dans mon bureau brusquement. Son intrusion soudaine brisa totalement ma concentration alors la boîte vocale à l’autre bout du fils enregistra sournoisement mon silence paniqué. Je fis donc la chose la plus évidente à faire dans ce genre de situation :

CLAC!!!!!!

J’ai garcoché raccroché délicatement le combiné. Je repris mes esprits quelques secondes plus tard, mais le mal était fait. Ma superviseure me suggéra de rappeler et de dire

« J’ai oublié: bye!! »

Je préférais encore me trouver des prétextes du genre « la ligne a coupé ».

Finalement, le coordonnateur a rappelé ma superviseure en lui disant « M-M m’a laissé un message, mais je pense qu’elle n’a pas eu le temps de le finir. » Un petit comique celui-là. Au moins, il semblait à l’aise avec la situation puisqu’il ne s’est pas senti obliger de cacher le rire de ses paroles lorsqu’on m’a transféré son appel.

Momo, la butch qui bitch